Pourquoi la souffrance psychologique est-elle si difficile à supporter ? Comprendre, accepter et transformer
Le mot souffrance provient du latin « sub », qui signifie « en dessous », et du verbe « ferre », qui signifie « porter ». La souffrance, au sens littéral, c’est donc porter quelque chose de lourd en soi, endurer une épreuve douloureuse. Elle fait partie intégrante de l’expérience humaine.
Chercher à éliminer la souffrance : une attente fréquente en thérapie
Lorsque l’on consulte un.e psychologue ou un.e thérapeute, on espère souvent se libérer de la souffrance psychique, des émotions désagréables, du mal-être ou des pensées envahissantes. On souhaite ressentir à nouveau des émotions agréables, de la légèreté, de la paix intérieure.
Mais il est important de souligner que toutes les émotions sont naturelles et nécessaires, qu’elles soient plaisantes ou non. Il n’existe pas d’émotions négatives en soi. Parler d’émotions désagréables plutôt que négatives permet de changer notre rapport à celles-ci : elles ne sont pas mauvaises, elles sont utiles.
Alors, pourquoi est-il si difficile de vivre avec la souffrance ? Pourquoi notre premier réflexe est-il souvent de l’éviter, voire de la fuir ?
Le piège de l’évitement émotionnel : un réflexe humain, mais parfois contre-productif
Pour survivre, l’être humain a développé une capacité fondamentale : l’évitement. Ce mécanisme permet de fuir ou de se protéger face à un danger réel. Dans des situations de survie, c’est une compétence indispensable.
Mais aujourd’hui, ce mécanisme d’évitement est souvent activé de manière inappropriée, y compris face à des situations qui ne représentent aucun danger immédiat. Cela peut devenir un piège :
Éviter une émotion inconfortable
Refouler une pensée douloureuse
Fuir un souvenir ou une situation sociale anxiogène
S’anesthésier par des distractions constantes (écrans, travail, addictions…)
Ces stratégies d’évitement peuvent soulager temporairement, mais elles entretiennent la souffrance à long terme.
Deux approches thérapeutiques efficaces : la TCC et l’ACT
Parmi les approches validées par la recherche en psychologie clinique, deux thérapies sont particulièrement efficaces pour mieux vivre avec la souffrance psychologique :
1. Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC)
La TCC vise à identifier, comprendre et modifier les pensées dysfonctionnelles et les comportements problématiques. Elle aide à déconstruire les schémas mentaux qui entretiennent la souffrance, en proposant des outils concrets pour agir différemment.
2. Thérapie d’Acceptation et d’Engagement (ACT)
L’ACT (Acceptance and Commitment Therapy) est une approche plus récente, issue des TCC dites « de troisième vague ». Elle part du principe que la souffrance fait naturellement partie de l’existence humaine, et que tenter de la supprimer peut empirer notre mal-être.
Au lieu de chercher à contrôler ou éviter nos émotions douloureuses, l’ACT nous propose de les accueillir avec bienveillance, tout en nous reconnectant à nos valeurs profondes. L’objectif est de s’engager dans une vie pleine de sens, même en présence de difficultés internes.
Accepter la souffrance : une voie vers la résilience
Accepter la souffrance ne signifie pas se résigner ou se complaire dans la douleur. C’est reconnaître qu’elle existe, qu’elle fait partie de l’expérience humaine, et qu’elle peut même devenir une source de transformation.
La souffrance peut être une messagère : elle nous parle de nos besoins insatisfaits, de nos limites, de nos valeurs mises à mal, de nos désirs profonds.
En ACT, la souffrance n’est pas une ennemie à abattre, mais une part de nous à écouter. Le thérapeute peut proposer des exercices variés pour apprendre à :
Observer ses émotions sans jugement
Se distancier de ses pensées douloureuses (défusion cognitive)
Cultiver la pleine conscience
Identifier ses valeurs de vie
Agir de manière engagée, malgré la douleur
En résumé : transformer la souffrance, plutôt que la fuir
👉 La souffrance psychologique est difficile, mais elle n’est pas un échec ou une anomalie.
👉 Chercher à tout prix à l’éviter peut aggraver notre mal-être.
👉 Apprendre à l’accueillir, à vivre avec, et à avancer malgré elle peut nous aider à retrouver une forme de liberté intérieure.
Les thérapies comme la TCC et l’ACT offrent des outils puissants pour sortir des cercles vicieux de la lutte mentale et retrouver le chemin d’une vie plus alignée, plus authentique, plus vivante.
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